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ANTOINE LECHARNY

  ano meria _

Ano Meria est un travail sur la perte et l’absence de celle que j’aimais. Pendant plusieurs mois, je suis retourné sur les lieux où nous avions été ensemble et j’ai voyagé vers ceux où nous voulions aller, tournant sans cesse autour d’Ano Meria, la terre de notre dernier été.

« J’ai laissé tomber les bras dans la colère contre les murs fragiles de ma chair à force de ne plus savoir trouver dans la nuit si noire de mon corps suffisamment d’armées et la force imbécile de te plaire encore. Alors que tu m’habites à présent comme une maison de sang, ton ombre-là affole mes mains et retourne mes ongles mais je poursuis mon chemin de sape pour retrouver ton passage et ta bouche, confuse forêt de chair où se terre la parole. Et s’il fallait que tu saches que je ne me résoudrai pas à ta mort, jirais à Ano Meria au mois d’août avec toi, on essaiera des gants de divas, aubergine ou tonka tout te va. »

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« Les sensations affleurent. L’émotion est latente. Une tension. Un mystère. Les photographies d’Antoine Lecharny ont de l’épaisseur. De la chair. De la matière photographique, aussi. Celle qui sent bon la chimie de la chambre noire. Le récit se déploie, s’égare, prend des chemins de traverse. Noir & blanc et couleur dialoguent dans l’incertitude de leur réalité. Réalité, songe, souvenir d’un amour passé ? Que veut nous dire Antoine avec ses images si souvent floues et pourtant tellement cadrées. Pourquoi ses photographies ne s’épuisent-elles pas au feuilletage du livre ? Pourquoi a-t-on envie de « lire » la suite… Sur quels chemins d’Ano Meriá, village perché sur l’île grecque de Folégandros, sommes-nous emmenés ? Sur des sentiers rocailleux ou par les ruelles aux murs blanchis ? Partout en fait… Partout où il est allé avec elle. Elle, la femme aimée qui apparaît puis disparaît au fil des pages. L’atmosphère est pesante, tout comme les couleurs de ces paysages de fin d’été…

J’ai découvert le travail d’Antoine Lecharny en tant que conseillère artistique du Prix HSBC. J’avais pour mission de retenir douze dossiers parmi les six-cents-cinquante déposés sur la plateforme du Prix. Dans ce flot d’images, cette série discrète m’a embarquée. Une écriture à base de grain, de mouvement… Pas de sujet à la mode, ni de rapport avec l’actualité du monde, mais une parenthèse poétique, une belle balade où l’on croise des amoureux fougueux, des arbres tressaillants et des villages silencieux. La vie tout simplement, peut-être… La vie rêvée ? »

Sylvie Hugues

 

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OÙ ?

galerie basse fontaine _

2 place Antony Mars – 06140 Vence

+ centre culturel municipal _

28 avenue Isnard – 06140 Vence

 

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QUAND ?

du 02.10 au 31.10

(basse fontaine) mar – sam 10h-12h & 15h-19h
(centre culturel municipal) mar – ven 14h-18h et sam 9h-15h

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+ D'INFOS

Antoinre Lecharny vit et travaille à Paris

www.antoinelecharny.com

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