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MARIE FROGER

  stone tracker _

UN JEUNE GARÇON COMME PROTAGONISTE ET SON HÉROS,
3 MONDES – LE DÉSERT, UNE FORÊT, UNE GROTTE – POUR DÉCOR,
3 PIERRES, UNE FONTAINE POUR SE SOUVENIR, DES PHOTOS ET DES OBJETS LÉGUÉS, ET UNE CONSOLE.
UN PARCOURS QUI RETRACE PLUSIEURS DE MES UNIVERS PHOTOGRAPHIQUES ET UNE HISTOIRE FAMILIALE.

IL RAMASSE DES PIERRES, D’AILLEURS PIERRE C’EST SON DEUXIÈME PRÉNOM TOUT COMME CELUI DE SON ONCLE, 
ET LE PRÉNOM DE SON GRAND-PÈRE. C’EST COMME ÇA QU’IL L’APPELLERA, SON AVATAR, PIERRE.
PARFOIS FICTIFS PARFOIS RÉELS, FENÊTRE ET ÉCRAN, RÉEL ET VIRTUEL SE SUPERPOSENT ;
À TRAVERS LA CHAMBRE, LA FORÊT, LE DÉSERT, LES GROTTES DEVIENNENT ALORS UN TERRAIN DE JEU ET D’EXPLORATION.
FRISE D’IMAGES, PHOTOS ORIGINALES, DOCUMENTS RÉINTERPRÉTÉS, ARCHIVES, UN JEU INTERACTIF :
AUTANT DE DIMENSIONS À EXPLORER POUR FAIRE REVIVRE LA FIGURE D’UN ONCLE AIMÉ.

Lorsque nous regardons une image, elle nous ramène souvent à notre passé, à un sentiment de mélancolie, sentiment intimement lié à la disparition, à quelque chose qui n’est plus. On tente de se souvenir, de se remémorer. L’instrument du souvenir, lui, serait un peu comme une certification de la vie, une preuve physique de ce qui a existé et qui ainsi révélé, même mort, existe encore. A la fois, une preuve physique d’éternité et un résumé de ce qu’a été cette existence, à la manière du papillon capturé en plein vol, épinglé dans un cadre. L’insecte naturalisé ne fige pas seulement un moment de vie, il fige aussi le contexte qui a amené à sa capture, et plus largement son existence toute entière. La représentation de cet objet, « c’est l’image vivante d’une chose morte ».

Dans ce projet, je suis partie d’un événement familial qui m’a inspirée, la mort de mon oncle, pour évoquer les différentes logiques et processus du souvenir au sein d’une même famille. Pendant que mon frère rejouait constamment ces parties autrefois jouées par mon oncle, je préférais collectionner des pierres trouvées par ses soins dans le désert, comme un enfant qui protège un trésor, ou à la façon de l’archéologue. Ces roches léguées sont une sorte de vestige immortel, de momification de son souvenir.

Mon installation reprend ces processus, ainsi que les instruments du souvenir ; elle est constituée d’un jeu et d’une frise photographique, construite à la manière d’une phrase avec son sujet, ses verbes, sa ponctuation. Une vingtaine d’images imprimées à la façon d’un jeu vidéo. Des images dans les images, nous passons de map en map, d’univers en univers, dans le but de nous emparer d’artefacts, trois pierres qui ouvrent les portes de la fontaine de Mnémosyne. L’image physique s’approprie les codes du jeu vidéo et devient vivante. Le jeu nous projette dans les paysages photographiques sans poids ni douleur, alors que la frise nous ramène à notre corps pour parcourir physiquement les images. Un dilemme : boire l’eau de la fontaine du souvenir pour être rappelé à la réalité ou boire la fontaine de l’oubli et recommencer le jeu en boucle. Une quête de soi, du souvenir, où l’on parcourt les images comme on parcourt le paysage. Ce chemin, nous le faisons intérieurement mais aussi physiquement. Le spectateur devient alors l’avatar de cette quête, passant d’un monde à un autre. Le jeu devient, lui, un prétexte pour servir l’image, la parcourir autrement.

Stone Tracker de Marie Froger est nominé au Prix Caisse d’Épargne 2021, et fait partie de l’exposition collective À bas Bruit – en marge des mondes connus.

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OÙ ?

le 109 – pôle de cultures contemporaines I nice _

89 route de turin – 06300 Nice

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QUAND ?

expo du 24.09 au 16.10 _

mer – sam I 14h – 19h

week-end d’ouverture du festival _

ven 24.09 I 18h – 21h
sam 25.09 I 14h – 21h
dim 26.09 I 14h – 21h

rencontre avec la photographe _

ven 24.09 I 18h – 20h
sam 25.09 I 18h – 20h

week-end de clôture du festival _

ven 15.10 I 14h – 21h
sam 16.10 I 14h – 21h

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+ D'INFOS

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