EDGAR TOM OWINO STOCKTON

faire lieu autrement

« Ma démarche artistique prend racine dans une interrogation fondamentale et sensible : comment créer, partager, accueillir depuis un lieu instable, traversé, vulnérable ? Comment faire oeuvre sans occuper, sans imposer, mais en rendant possible une forme de présence commune — incomplète, indocile, hospitalière ?

Loin d’une conception autoritaire de la forme, je privilégie des processus ouverts, collectifs, transversaux, qui prennent appui sur des récits, des gestes ou des mémoires souvent considérés comme secondaires ou illisibles. Mon travail cherche à rendre audible ce qui résiste à la capture, ce qui survit en marge ou en creux des discours dominants — sans jamais parler à la place, mais en tressant des formes de mise en relation.

Je m’intéresse à l’hospitalité non pas comme valeur morale, mais comme terrain de tension, comme mouvement contradictoire entre le désir d’accueillir et la peur de perdre le chez-soi. Une question revient sans cesse : comment résister à l’hostilité sans être soi-même hostile, sans se refermer ni se dissoudre ?

Mon travail tente de faire émerger une grammaire commune de la lutte, à partir de récits situés, souvent minorés, parfois oubliés.

Quels sont les gestes discrets, les formes de soin ou de désobéissance douce, qui permettent à une communauté de tenir dans l’adversité ? Comment faire monde sans imposer de modèle ? Comment rendre habitable ce qui semblait impossible à habiter ?

À travers l’écriture, la performance, l’installation ou la conversation, je cherche à fabriquer des espaces de partage provisoires, où les subjectivités ne sont pas assignées à des identités fixes, mais peuvent apparaître autrement — en tension, en écho, en opacité. Des formes légères, parfois inachevées, mais attentives aux conditions concrètes de leur énonciation.

Comment accueillir sans posséder ? Comment transmettre sans effacer ? Comment déplacer les frontières du chez-soi sans les dissoudre ?

Et que devient l’art, quand il ne représente plus, mais cherche simplement à faire place ? Ces questions, je ne les résous pas. Je les habite, avec d’autres. »

Né en 1992 à Kampala, Edgar Tom Owino Stockton est un artiste-chercheur et traducteur britannique et suisse, installé à Cherbourg-en-Cotentin.

Il a étudié l’histoire de l’art et la philosophie à l’Université Grenoble Alpes de 2010 à 2015, puis les arts visuels à l’École Supérieure d’Art et Design Grenoble-Valence de 2013 à 2017. Agrégé d’arts plastiques depuis 2019, il mène également des activités d’enseignement.

De 2018 à 2021, il a été artiste-chercheur associé à « Pratiques d’hospitalité », plateforme hétérolingue de recherche critique et d’imagination politique coordonnée par Katia Schneller et Simone Frangi. Depuis 2023, il développe avec l’artiste Cindy Bannani le projet « car [si] le soleil n’a pas de patrie », une recherche menée entre Sète et Tanger sur l’abandon de ferries et les résistances collectives menées par leurs équipages. En 2026, il a co-instigué à Cherbourg-en-Cotentin la commun.e, un espace collectif de réflexion, de mise en commun et d’action politique.

QUAND ?

19.09 > 10.10
mer – dim : 12h – 18h
+ nocturnes les samedis jusqu’à 22h

Vernissage
sam 19.09 > 13h – 22h

COMMENT ?

Bus : lignes 7, 8, 14, 19, 88
Tramway : arrêt Vauban
Train : gare de Riquier

+ 2 stations vélo-bleu sur la route de Turin et le boulevard Vérany