VÉRONIQUE BESNARD

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« La matière du présent semble trouée par les manifestations du passé et les risques du futur. Une guerre est toujours en préparation. J’ai évité les drapeaux et les signes militaires. Une fois ces écrans dégagés, que restait-il ? Un jour électrique et continu. Une géographie du pouvoir fluide, aux frontières absentes. »

Le récit photographique de Véronique Besnard propose une réflexion indicielle sur l’empreinte des rapports politiques et militaires au sein de lieux de rencontre et d’exercice du pouvoir.

Mené en marge d’une pratique officielle, ce journal visuel au long court offre un visage étonnamment clinique et aseptisé. Telle une mer étale, la conduite des guerres et des processus de paix sont souvent menés en huis clos, sans qu’aucune vague ne trahisse la fausse quiétude des lieux. Les souvenirs glanés au gré des déplacements – figurines, maquettes ou cadeaux protocolaires, ajoutent une dimension artificielle à ce monde froid, presque dystopique et pourtant bien réel. Véritable éloge de l’interstice et du temps faible, l’approche photographique rend ici palpable le silence étourdissant qui précède les déflagrations.

À rebours d’une représentation performative des conflits et de leurs effets, Véronique Besnard propose une autre voie, faussement contemplative, plus souterraine, équivoque. Son écriture réflexive, mettant à distance un présent parfois devenu trop intense, offre un puissant contraste à la formule de Stefan Zweig datée de 1941 : « La technique n’a pas appelé sur nous de pire malédiction qu’en nous empêchant, fut-ce pour une seconde, d’échapper au présent ».

Lucie Moriceau-Chastagner,

Historienne de l’art

Responsable des collections de photographies au musée de l’Armée

Le travail photographique de Véronique Besnard se situe à la croisée de thèmes historiques, politiques et personnels. Dans un contexte saturé de représentations, où des concepts — tels que ceux de réfugié, d’étranger, du légal et de l’illégal, de guerre ou de paix —produisent des effets politiques concrets, son travail est une recherche de récits alternatifs et critiques. Cette approche artistique et documentaire est un questionnement face à l’histoire qui se joue sous nos yeux. Le langage photographique est réaliste, oscillant entre l’intime et le détachement. 

De son premier livre Images immuables, sur les mécanismes de croyance en l’image à The Wall, consacré aux questions historiques et écologiques dans les Alpes, en passant par Kings Road, sur les réfugiés et demandeurs d’asile ou Additional Satelllite, livre offrant une vision conflictuelle de la France, son travail aborde les thème de l’exil et de la frontière, de la nature et du pouvoir. 

Véronique Besnard est diplômée de l’Université de Brighton (Master en photographie) et de l’Institut d’études politiques de Grenoble. Ses travaux ont été sélectionnés à plusieurs reprises, notamment par MACK (First Book Award, shortlist 2018), le Kassel Dummy Award ’23 (sélection), le Musée National des Invalides (résidence photographique, présélection 2024), le prix de la Fondation HSBC pour la photographie (shortlist 2008)  –  et présentés dans différents festivals en France et à l’étranger.

QUAND ?

19.09 > 10.10
mer – dim : 12h – 18h
+ nocturnes les samedis jusqu’à 22h

Vernissage
sam 19.09 > 13h – 22h

COMMENT ?

Bus : lignes 7, 8, 14, 19, 88
Tramway : arrêt Vauban
Train : gare de Riquier

+ 2 stations vélo-bleu sur la route de Turin et le boulevard Vérany