ANTOINE LECHARNY

sous terre / feu Stalinstadt / bassines, outardes, grenades

Cette exposition réunit trois projets distincts : Sous terre, Feu Stalinstadt et Bassines, outardes, grenades. Ces derniers relèvent d’un même travail mémoriel consistant autant à chercher dans les paysages et dans les têtes les traces des violences de l’Histoire qu’à sonder leur absence ou leur effacement. 

Entre 2021 et 2024, j’ai entrepris un travail photographique, intitulé Sous terre, consacré à la mémoire des fusillades massives des Juifs et des Roms au cours de la Seconde Guerre mondiale. En l’absence d’importantes traces visibles de ces massacres, j’ai photographié des paysages retournés à une relative banalité qui dit l’oubli palpable de l’Histoire à l’œuvre.

En parallèle, je photographie depuis 2023 Eisenhüttenstadt, une ville socialiste modèle fondée en RDA en 1950 et baptisée à l’origine Stalinstadt. Après la chute du mur, cette cité a connu une forte désindustrialisation, un exode massif puis un glissement vers l’extrême droite. À travers Feu Stalinstadt, je restitue une vision fragmentaire d’Eisenhüttenstadt traduisant l’éclatement de son plan urbain, de sa mémoire et de son tissu social. 

Bassines, outardes, grenades est une installation qui confronte les stigmates laissés par les projets de méga-bassines sur le territoire aux formes de résistance déployées par les mouvements citoyens malgré la répression étatique.

Antoine Lecharny est un photographe, peintre et sculpteur, né en 1995.   

Son travail, exposé et primé en France et à l’étranger (prix du jury du Festival Planches Contact, Bourse du Talent, prix du public des Boutographies, Prix Paris Match…), fait partie de plusieurs collections publiques et privées, dont celle de Marin Karmitz. Lauréat du prix Audi Talents aux côtés de l’artiste Henri Frachon, il expose en 2021 le projet sculptural Disegno Astratto au Palais de Tokyo, qui donnera lieu à une publication chez Tonini Editore. La galerie Sit Down, qui le représente, accueille en 2023 sa première exposition photographique personnelle à Paris, intitulée Côté fenêtre.

En 2025, il reçoit le prix Gomma Grant B&W qui distingue son travail au long cours consacré à la mémoire des fusillades massives des Juifs en Europe de l’Est et dans les pays Baltes, lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce projet, nommé Sous terre, fait l’objet d’un livre paru en 2025 aux Éditions d’une rive à l’autre. La même année, Antoine Lecharny figure parmi les trois artistes lauréats soutenus par Sarah Moon dans le cadre du Grand Prix de l’Académie des beaux-arts.

En 2026, il bénéficie du soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP afin de poursuivre son projet Feu Stalinstadt témoignant de l’éclatement du plan urbain, de la mémoire et du tissu social de la ville industrielle allemande Eisenhüttenstadt. Également résident à la Villa Pérochon, centre d’art contemporain photographique basé à Niort, il crée Bassine, outardes, grenades, une série dédiée à la mémoire de la méga-bassine de Sainte-Soline, des mouvements citoyens et militants qui s’y sont opposés et de leur répression. Ce travail s’inscrit dans une démarche qui s’affirme au cours des années et prend la forme d’une recherche mémorielle et visuelle des traces des violences et des conflits dans les paysages et dans les têtes.

QUAND ?

19.09 > 10.10
mer – dim : 12h – 18h
+ nocturnes les samedis jusqu’à 22h

Vernissage
sam 19.09 > 13h – 22h

COMMENT ?

Bus : lignes 7, 8, 14, 19, 88
Tramway : arrêt Vauban
Train : gare de Riquier

+ 2 stations vélo-bleu sur la route de Turin et le boulevard Vérany