LOUISA BEN

Yelli
Sortie de résidence - un partenariat Unicarts

Yelli se déploie ici dans un nouveau chapitre. Ce récit, ancré dans ma propre cartographie familiale, est né de la nécessité de faire exister des représentations souvent reléguées aux marges et, à travers elles, de rendre visibles nos identités. Durant plusieurs semaines, j’ai partagé le quotidien d’étudiantes nords-africaines vivant à Nice. Certaines sont venues en France pour poursuivre leurs études, d’autres y ont grandi. De chambres universitaires en appartements partagés, nous avons pris le temps de nous rencontrer. Nous avons parlé de nos familles, ici ou là-bas, de nos langues, parlées ou jamais sues, de l’absence, de ce qui se transmet ou non et de ces souvenirs d’enfance qui, bien souvent, se ressemblent. Nous avons interrogé ce qui nous lie à ce pays d’origine de l’autre côté de la Méditerranée. À Nice, où les étudiant.es originaires d’Afrique du Nord sont les plus représenté.es au sein de la communauté étudiante internationale, iels doivent cohabiter avec une parole politique toujours plus marquée par le repli identitaire. Cette contradiction traverse les corps, les espaces et les récits. C’est depuis cette réalité que je choisis une autre approche : celle de l’intime. Les images ne cherchent pas à illustrer une identité figée, mais à faire apparaître les résonances entre des histoires singulières. Elles racontent ce qui circule entre nous : des mémoires communes, des façons d’habiter les lieux, de composer avec plusieurs appartenances, autant d’expériences qui, malgré des parcours différents, témoignent de trajectoires familiales et migratoires partagées marquées par une histoire coloniale commune. Ces rencontres ont peu à peu dessiné un espace de confiance où les récits individuels deviennent une mémoire collective. En poursuivant Yelli, cette série affirme que donner à voir ces trajectoires est déjà une manière de résister aux discours qui cherchent à les simplifier ou à les effacer. Elle propose de regarder ces vies non pas comme des exceptions ou des sujets politiques, mais comme des vies ordinaires, qui portent la nécessité d’habiter pleinement un territoire qui est aussi le notre. Je remercie Julien Gaertner et Nina Campo d’Unica Culture de l’Université Nice Côte D’azur pour leur confiance et leur regard bienveillant, la Villa Arson pour leur accueil et toutes les étudiantes pour les moments partagés.

Louisa Ben (Toulouse, 1996) est une photographe franco-marocaine basée à Paris. Elle développe dans ses travaux une réflexion autour de la mémoire géographique et de la construction de l’identité. Dans ses projets documentaires au long cours menés en France, au Maroc ou encore en Colombie, elle interroge le rapport aux territoires et celui des individus à leur environnement. Accordant une place centrale aux portraits, elle s’attache depuis plusieurs années à mettre en image les trajectoires intimes des adolescent.es et jeunes adultes qu’elle rencontre. Conjointement à son travail personnel, elle répond à des commandes pour la presse quotidienne et magazine (M le magazine du Monde, Marie-Claire, El Pais …) et participe à des expositions en France et à l’international. En 2021, elle est lauréate de la deuxième édition du mentorat de l’agence VU soutenu par le Fonds Régnier pour la création. L’année suivante, elle obtient la bourse Création en cours des Ateliers Médicis puis, en 2025, la Bourse de Création émergente du festival Les Femmes s’exposent.

QUAND ?

19.09 > 10.10
mer – dim : 12h – 18h
+ nocturnes les samedis jusqu’à 22h

Vernissage
sam 19.09 > 13h – 22h

COMMENT ?

Bus : lignes 7, 8, 14, 19, 88
Tramway : arrêt Vauban
Train : gare de Riquier

+ 2 stations vélo-bleu sur la route de Turin et le boulevard Vérany